11.01.2006

Mestre Pastinha

Vincente Ferreira Pastinha, fils de l'espagnol José Senor Pastinha et de Raimunda dos Santos, est né à Salvador de Bahia le 5 avril 1889 . Il fut inicié à la capoeira à l'age de 10 ans par un noir appelé Benedito, un esclave affranchi, pour qu'il apprenne la malice et à se défendre contre un autre garçon plus vieux et plus fort qui le menaçait. Pastinha commença à fréquenter la maison de l'oncle Benedito et peu de temps après sa réputation d'invincible commença à grandir.

     Ayant pratiqué plusieurs professions notamment pour la Marine, Pastinha ressentit toujours un appel fort de la capoeira. Et en 1935, à l'âge de 46 ans, il fonda sa première académie qui fonctionna durant quelques années dans un endroit connu à l'époque sous le nom de Bigode, près du Pelourinho. En 1941, il déménagea  dans la maison no19, sur le Pelourinho, créant le "Centre Sportif de Capoeira Angola". C'est en ce lieu qu'il enseignait la capoeira et présentait aux touristes du monde entier.

    Pastinha donna des représentations avec son grope dans plusieurs états du Brésil et fit parti de la délégations brésilienne qui représenta le Brésil au 1er festival des arts noirs à Dakar en Afrique en avril 1966. Alors qu'il était fameux au Brésil et à l'extérieur, en 1973,  il fut expulsé de son académie par la Fondation du Patrimoine, qui transforma le lieu en restaurant.

    Cette expropriation fut un grand coup porté au maître. Sa femme, Maria Romélia Costa Oliveira, "Dona Nice" s'occupa de Pastinha jusqu'à la fin, et assurait le revenu de la maison en vendant des acarajés. Certains élèves et amis l'aidèrent comme l'écrivain Jorge Amado, qui réussit avec le préfet de Salvador à lui assurer une pension de 3 salaires minimum.

    Il mourrut d'un accident vasculaire cérébral le 13 novembre 1981.

21.12.2005

La Capoeira Angola

La Capoeira Angola est née au 16ème siècle au Brésil avec l’arrivée des esclaves noirs d’Afrique (principalement des pays du Congo et d’Angola), suite à la colonisation portugaise.

Son origine n’est malheureusement pas certaine puisque presque toutes les données et archives qui existaient ont été détruites en 1890 sur ordre du Ministre des Finances brésilien Rui Barbosa afin de ne pas à avoir à indemniser les propriétaires d'esclaves ayant souffert de l'abolition (déclarée en 1888).

Il existe différentes théories quant à l’origine de la Capoeira. Cependant, la théorie la plus proche de la réalité est celle qui dit que la Capoeira Angola vient d’un rituel africain appelé le “N’Golo”, où les guerriers africains s’affrontaient en représentant une sorte de combat de zèbre, dans le but de gagner le droit de choisir une femme vierge sans payer de dot au père. Les combats se développaient ainsi, copiant des mouvements d’animaux parmi lesquels le singe, le crocodile, le chameau....

Les esclaves pratiquaient la capoeira pour faire de leur corps une arme, puisque c'était tout ce qu'ils possédaient pour se défendre. Ayant l'apparence d'une danse, cette pratique n'alarmait pas le colonisateur, qui l'appelait "divertissement d'Angola". Plus tard, se rendant compte que la Capoeira pouvait être dangereuse, il la réprima sévèrement, ce qui obligea les esclaves à la pratiquer secrètement. Ils l'utilisaient comme un instrument de lutte pour obtenir la liberté. Ils s’échappaient alors vers la forêt et formaient ou rejoignaient des communautés appelées “quilombos” où, finalement, ils atteignaient leur liberté physique et spirituelle et continuaient à développer la Capoeira sous forme d’art, de lutte, de danse, de culture, d’éducation et de philosophie de vie.

Bien des d’années plus tard, avec l’abolition de l’esclavage et la reconnaissance de la Capoeira comme sport national au Brésil, de multiples académies formelles ont été créées. La première personne à créer un groupe de Capoeira Angola et à conserver la tradition fut Joaquim Vicente Ferreira Pastinha, plus connu sous le nom de Mestre Pastinha. A la même époque, un autre grand personnage de la Capoeira est Manuel Dos Reis Machado, Mestre Bimba, qui a inséré des mouvements d’autres arts martiaux orientaux, créant la Lutte Régional Bahianaise, aussi connue sous le nom de Capoeira Regional.